Décryptage - 23 avril 2018

Smart cities : quand les villes deviennent intelligentes

Des feux tricolores connectés qui passent au vert ou au rouge en fonction de la circulation pour éviter les bouchons, ça vous semble irréel ? C’est pourtant déjà le cas à Wuxi, ville connectée expérimentale en Chine. Des péages à tarif variable en fonction des heures de pointe ou creuses pour diminuer le trafic et la pollution, ça vous paraît futuriste ? Plusieurs villes comme Londres et Stockholm ont déjà mis en place ce système.

Que peut-on espérer des villes intelligentes ? Participent-elles à la protection de leurs habitants ?

 Les Smart Cities sont des villes connectées qui placent l’innovation comme moteur de la ville durable. Ces cités ont pour objectif de concilier l’innovation technologique avec les enjeux économiques, sociaux et écologiques de la ville de demain. Leur leitmotiv est avant tout la qualité de vie : comment mieux vivre ensemble tout en respectant notre environnement.

En France, la transition vers la ville intelligente est déjà amorcée : près de 1200 projets ont été lancés dans 200 villes ces dernières années. De nombreuses métropoles françaises sont de plus en plus connectées. Parmi les plus « smart », on peut citer Lyon, Lille, Nantes … Le top 5 mondial est composé de Singapour, Barcelone, Londres, San Francisco et Oslo

Pour autant, aucune de ces villes ne possède encore tous les aspects d’une ville intelligente qui implique plusieurs composantes.

Une ville intelligente est une ville qui tire les bénéfices de son urbanisation (cohésion, intégration, communication, innovation) tout en minimisant les impacts négatifs de celle-ci (pollution, circulation, congestion, repli sur soi…).

A l’ère du numérique, la smart city tire parti des évolutions technologiques pour permettre une meilleure intégration des entités qui la composent, une interopérabilité entre les systèmes, une exploitation optimale de ses ressources. Une ville intelligente est une ville capable de mettre en œuvre des structures durables et communicantes (transports, bâtiments, énergie, services publics…) permettant d’assurer le confort de ses citoyens et une meilleure efficience, tout en respectant l’environnement.

La ville intelligente vise l’anticipation des besoins de ses habitants (personnes physiques et morales) pour y répondre de la manière la plus pertinente possible. Son fonctionnement global doit être fluide et bien pensé, et tout doit être optimisé, pour permettre le maximum de confort pour ses habitants.

Pour qu’une ville puisse être qualifiée de « smart », elle doit avoir atteint 5 objectifs principaux :

  • La durabilité: la prise en compte des enjeux environnementaux et énergétiques
  • L’efficacité: dans la gestion des ressources, des finances, de l’économie
  • La collaboration : le fonctionnement en réseau des acteurs entre eux (collectivités, citoyens et entreprises), la participation des acteurs à la vie municipale, l’engagement
  • L’attractivité: une bonne gestion des territoires et des infrastructures pour une ville où il fait bon vivre
  • L’intégration des nouvelles technologies : de l’information et de la communication, la robotique, les systèmes de transports intelligents

Ce dernier objectif constitue le levier indispensable pour atteindre les quatre premiers.

Dans ce type de ville, tout est connecté : les systèmes entre eux, les systèmes avec les citoyens, les habitants entre eux. Pour parvenir à cet état, les nouvelles technologies sont le moyen ultime.

Dans une ville intelligente, tout fonctionne en réseau : les infrastructures, les systèmes d’information, les télécommunications, les transports, l’énergie, les entreprises, les relations humaines, les habitations, la santé, les loisirs ou encore la sécurité.

La formule consacrée des spécialistes du sujet évoque l’abandon de la logique de fonctionnement « en silos »  pour aller vers un fonctionnement en réseau.

Pour atteindre ce but, les technologies et autres objets connectés ne suffisent pas : la smart city doit sensibiliser ses usagers à la logique participative, à l’effort collectif pour une ville toujours plus moderne. Elle est également un lieu d’expérimentation où l’innovation domine, un lieu en perpétuel renouvellement.

La protection des personnes et des biens n’est pas à proprement parler un objectif des smart cities, mais elle fait partie des moyens mis en oeuvre pour améliorer le confort de ses habitants.

Par exemple à Singapour, 450 caméras assurent la sécurité des habitants, des capteurs sont intégrés à tous les bâtiments publics pour prévenir les autorités en cas de séisme, la circulation est étroitement régulée pour limiter la pollution et les risques d’accidents…

Singapour utilise la technologie pour améliorer la sécurité, la prévention, la gestion des catastrophes naturelles : en protégeant ses citoyens, la ville leur assure un meilleur confort de vie.

Et vous, pensez-vous que les villes intelligentes puissent participer à notre protection ?